Bien qu’il soit membre du Collège des douze apôtres, Jeffrey R. Holland dit que son héritage mormon et d’Utah est on ne peut plus diversifié pour un seul individu.

Elder Holland fit ce commentaire le 17 juillet dernier dans un discours au parc This Is the Place Heritage à Salt Lake City au cours d’un rassemblement commun des Sons of Utah Pioneers et Daughters of Utah Pioneers (Fils et Filles des pionniers d’Utah) et de leurs familles. C’était au cours de la deuxième super journée annuelle, l’occasion pour les deux groupes de se retrouver avec leurs familles pour des activités en extérieur et un pique-nique.

des descendants de pionniers chantent

Ses ancêtres du côté « Holland »

« Tout d’abord, un mot sur ma famille Holland qui n’était clairement pas composée de pionniers d’Utah », commença-t-il. « C’était une bande de mineurs catholiques romains bagarreurs, mais adorables, nés en Irlande, qui allèrent jusqu’au Montana et au Colorado, pour finir à Park City à l’aube du XXème siècle. »

Sa grand-mère, veuve à vingt-six ans, mère de deux jeunes fils, le plus jeune étant le père d’Elder Holland, finit par s’installer à Salt Lake City, où elle bénéficia de l’amitié de John Fetzer, le gentil évêque de la vieille 8ème paroisse de Salt Lake City.

« La suite, comme on dit, appartient à l’histoire », dit Elder Holland. « Ma grand-mère et mon père, qui avait alors quatorze ans, se sont joints à l’Église en 1924. »

Parce qu’il avait la variole, son beau-père le retira de l’école, ce qui fut pour lui, comme l’explique Elder Holland, « une occasion manquée, et un coup à son amour-propre dont il ne s’est jamais vraiment remis ».

« Mais le ciel veillait sur lui. Quand il se retrouva dans le sud de l’Utah, en tant que recrue du Civilian Conservation Corps (Corps civil de protection de l’environnement), il rencontra et épousa ma mère, au début des années 1930, durant la Dépression.

« Quelle union ! Un joyeux Irlandais converti du catholicisme romain, qui jouait du piano dans les salles de danse et qui vécut avec un sourire aux lèvres et les chaussures bien cirées, épousant une authentique fille de pionniers d’Utah bien convenable qui brodait et faisait des conserves et cuisinait. Quel mariage !

« Je suis le fruit de cette union ! ».

Il a expliqué qu’il a la moitié d’une génération dans l’Église du côté de son père (« une moitié qui a à peine ‘pris’ »), et « quatre générations entières de vrais de vrais, purs et durs Saints des Derniers Jours élevés au grain » du côté de sa mère.

« Cela vous aidera à comprendre mes nombreuses bizarreries et différentes peccadilles ; si un jour (ou lors d’une conférence générale) j’ai l’air d’être un type Irlandais vigoureux qui pense que le monde est à ses pieds …. Et l’instant d’après un fervent mormon pratique et inflexible qui ne jure que par le Royaume de Dieu, c’est parce que c’est ce mélange de sangs qui coule dans mes veines.

La famille du côté de la mère d’Elder Holland

Contrairement à celle de son père, la famille de sa mère « constituait le terreau des premiers membres de l’Église mormone et des premiers habitants de l’Utah, dans notre cas, la branche du sud de l’état ».

Ils étaient membres de la mission de Cotton à St George, des « Sudistes » de l’Utah, qui est une Mecque pour les vacances aujourd’hui, ce qui n’était pas le cas à l’époque.

Il cita une strophe d’un poème écrit par Charles Walker :

On disait que la terre ne valait rien

Et que l’eau ne valait pas mieux

La seule idée d’y vivre

Suffisait à vous faire frémir.

Sur cette toile de fond, Elder Holland raconta un épisode de l’histoire de l’installation de ses grand-parents dans le Sud.

Parmi les histoires qu’il partagea, il y a celle de Robert et Leonora Cannon Gardner, ses arrière-arrière-grands-parents qui habitèrent à St George et Pine Valley en Utah. Elle résume bien « le cran et le caractère des femmes pionnières d’Utah ».

« Ils vivaient à Pine Valley, Leonora était enceinte de son premier enfant et Robert était parti pour accomplir une tâche pour l’Église quand Leonora ressentit le besoin d’avoir un lit correct pour son accouchement.

Elle rassembla des poteaux de tremble, prit un marteau, une vrille et une scie et se mit au travail. À la tombée de la nuit, le lit était terminé : les planches étaient attachées au mur d’un côté et à des poteaux de tremble de l’autre. La paille qu’elle utilisait pour dormir sur le sol était placée sur les planches pour servir de matelas.

Juste après minuit, l’arrière-grand-mère d’Elder Holland, Mary Alice naissait sur ce lit.

Elder Holland commenta : « Je n’ai pas le culot de penser que j’aurais beaucoup à dire à mon grand-père pionnier. … Mais si l’occasion se présentait et que je trouvais le courage, je pourrais un jour demander à Robert pourquoi, avant de partir cette semaine-là, n’avait-t-il pas au moins fait un lit pour sa femme qui était sur le point d’accoucher. Mais en y réfléchissant bien, je ne lui demanderais sans doute pas, de peur qu’il ne me questionne sur mes propres manquements en tant que mari ».

Elder Holland devant la foule des participants, expliquant l'héritage pionnier

Garder l’histoire des pionniers vivace

Plus tôt dans son discours, Elder Holland rendit hommage aux deux organisations parrainant l’événement qui se tenait en association avec les célébrations annuelles Days of ’47 de Salt Lake City. Il a dit qu’elles « faisaient un magnifique travail pour que les histoires, les traditions et les valeurs de nos vaillants ancêtres restent vivantes dans nos mémoires ».

Il ajouta : « Nous le devons à ces pionniers, mais nous le devons tout autant à nous-même et à nos enfants. Cela ne concerne pas seulement ces gens du milieu du 19ème siècle, cela nous concerne aussi et définit qui nous sommes, ici, maintenant, entrés de plain-pied dans le 21ème siècle et dans l’avenir. L’importance de la contribution des pionniers est intemporelle, aussi essentielle aujourd’hui qu’elle l’était hier et le sera demain. Nous ne devons jamais laisser disparaître ces histoires, ces documents, ces photos, et ces souvenirs, de peur de nous réveiller un matin sans réponse aux questions de l’éternité : ‘Qui sommes-nous ?’ et ‘Quels sont nos principes ?’ ».

Elder Holland conclut son discours avec cet avertissement : « Si j’ai une mise en garde à faire à chacun d’entre nous, … c’est que l’honneur et la gloire de ces vies courageuses leurs appartiennent. Je ne me glorifie pas de ce qu’ils ont fait. Quand je me tiendrai devant Dieu pour rendre compte de ma vie, cela ne m’aidera pas d’invoquer mon histoire familiale … et de demander d’accéder à ce grand et céleste royaume sur le seul critère de mon arbre généalogique.

« Je dois vivre ma vie de façon exemplaire, tout comme mes ancêtres pionniers ont vécu la leur en leur temps. Je dois vivre de façon à ce que mes enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants aient envie de se souvenir de moi et de raconter des histoires illustrant ma foi, tout comme nous racontons les histoires des générations précédentes ».

Il cita Johan Wolfgang von Goethe : « Ce que tu as hérité de ton père ne t’est que prêté, il te faut l’acquérir pour le posséder ».

 


Article écrit par R Scott Lloyd. Publié sur deseretnews.com sous le nom Elder Holland shares his own family pioneer heritage in speech to Sons and Daughters of Utah Pioneers et traduit par Christine.

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