Photo: Badge missionnaire de Sœur Martin.

 

les soeurs martin avant le départ en mission

Aïata et Aloha Martin

Il est un fait assez rare, chez les mormons, que les membres d’une même famille soient appelés à servir dans la même mission. Il est encore plus rare que cette mission soit, en plus, le pays de leurs ancêtres où ils n’ont encore jamais mis les pieds. C’est cette magnifique histoire qui arrive à Aloha et Aïata Martin, deux sœurs issues d’une famille de 8 enfants, dont le papa est français et la maman tahitienne. Ces deux sœurs ont toujours eu un lien spécial au sein de leur fratrie. Bien que n’ayant que deux ans d’écart, elles ont toujours tout fait ensemble, comme des jumelles. Et la mission n’y fera pas exception.

 

Le désir de servir une mission

Aloha a eu le désir de partir en mission très tôt, dès l’âge de 8 ans. Désireuse de suivre l’exemple de ses 3 grandes sœurs, parties elles aussi en mission, elle n’a pas éprouvé le besoin de prier et a simplement suivi l’invitation qui se trouve dans les écritures :  » Si vous éprouvez le désir de servir Dieu, vous êtes appelés à l’oeuvre » (D&A 4:3). 

Au moment de remplir son dossier de candidature missionnaire, en préparation pour sa mission, Aloha était remplie du désir de servir le Seigneur. Elle était déterminée à servir le Seigneur de toutes ses forces, jusqu’à s’oublier elle-même. Qu’importe l’endroit où le Seigneur l’appellerait à servir (les missionnaires mormons ne choisissent pas le pays où ils vont servir), elle était prête à servir de tout son cœur et avait hâte de rencontrer les personnes avec lesquelles elle allait pouvoir partager ses croyances. Ce qui est arrivé par la suite était bien au delà de tout ce qu’elle avait pu espérer.

Lorsqu’Aloha a annoncé à ses parents qu’elle préparait son dossier pour partir en mission, son père l’a regardé droit dans les yeux et lui a dit: «Aloha, tu vas servir à Tahiti ». Aloha a sourit pensant que son père exprimait un espoir mais il était très sérieux. Il lui rappela alors une expérience qu’ils avaient eu ensemble lorsqu’elle était encore une petite fille. Elle raconte : «Mon père nous a toujours donné des bénédictions lors de la rentrée des classes. Une année, en me bénissant, il ressentit fortement que j’allais servir une mission. Plus spécifiquement, il m’a dit : « Tu serviras ton peuple ». »

 

la famille Martin au retour de mission

Une partie de la famille Martin au retour de mission d’Aloha.

Aïata avait également le désir de partir en mission étant petite. Après avoir entamé des études de psychologie et pendant que sa petite sœur était en mission à Tahiti, elle lui a de nouveau fait part de son sentiment de vouloir partir servir le Seigneur.

 

L’accomplissement d’une promesse

Le jour de l’ouverture de l’appel en mission d’Aloha, toute la famille est réunie dans le salon et les membres de la famille qui sont à l’étranger sont également présents par skype. Aloha s’en souvient comme si c’était hier : «Je me tenais debout face à eux, et j’ai ouvert délicatement la lettre blanche. Je me souviens que ma main tremblait un peu. Je cachais immédiatement le texte après l’avoir sorti de l’enveloppe pour ne pas voir la destination trop vite. J’ai lu la lettre mot par mot, ligne après ligne. Honnêtement je n’arrivais pas à comprendre un mot de ce que je lisais. J’étais trop enthousiaste. Je sentais mon rythme de lecture s’accélérer jusqu’à l’annonce : mission de Tahiti, Papeete. ». Le salon s’est rempli de cris de joie, les larmes ont coulé sur les joues des membres de la famille. Le père d’Aloha claquait des mains en criant : «Oui! je le savais! je le savais!». Père et fille se sont serrés dans les bras et ont pleuré ensemble. «Tout ce que je sais», dit Aloha, «c’est que je savais que c’était là où je devais aller. Mon esprit entier le savait. C’est comme si je l’avais toujours su.»

 

mission de papeete, tahiti

Les missionnaires de la mission de Papeete, Tahiti avec leur président de mission et son épouse. Aloha est au deuxième rang à droite.

Ce qu’Aloha ne savait pas, en revanche, c’est la surprise qui attendait sa famille à l’ouverture de l’appel en mission de sa grande sœur, Aïata, quelques mois après son propre retour de mission. Lorsque la famille se réunit à nouveau pour entendre la destination de mission d’Aïata, Aloha est la première à crier et pleurer à l’annonce «mission de Tahiti, Papeete. » Il s’en suit des heures innombrables de discussions entre les deux sœurs, jour et nuit elles parlent de la mission de Tahiti. Aloha partage des expériences aussi fortes et édifiantes que comiques de sa mission. Elle tenait à aider sa sœur à se préparer tant physiquement qu’émotionnellement pour sa mission et lui a également enseigné des bases de tahitien. Elle raconte : «Nous rigolions et pleurions ensemble. Je ne m’inquiétais pas, elle avait déjà l’amour pour notre peuple et le Seigneur. C’était vraiment le plus important.»

 

«Servir Dieu en servant mon peuple»

Aloha en mission à Tahiti

Sœur Aloha Martin entourée de sœurs tahitiennes.

C’est devenu l’objectif des sœurs Martin. Etant toutes deux nées en métropole, elles n’avaient encore jamais eu la chance de découvrir Tahiti, la terre de leurs ancêtres maternels. Aloha n’espérait qu’une chose avant de partir : «ressentir que c’étaient ses origines et être plus apte à les comprendre, même avec une culture différente, afin de mieux les servir et être un instrument efficace entre les mains du Seigneur.»

La rencontre avec le peuple tahitien restera pour toujours dans le cœur d’Aloha. Elle n’a malheureusement pas eu la chance de servir sur l’île de sa maman, Takapoto, mais a rencontré des personnes formidables dans les secteurs où elle a servi pendant les 18 mois de sa mission : Vaiatu, Papara, Papeete Fautaua et Fare sur l’île de Huahine. Dans chacun de ces lieux elle a ressenti qu’elle était «au bon endroit, au bon moment, avec la bonne collègue». Le peuple tahitien est devenu sa famille, son amour pour eux est devenu tellement grand en mission que le jour de son départ restera comme un des jours les plus tristes de toute sa vie. Il ne se passe pas un jour sans qu’elle ne pense à eux et à sa mission parmi eux.

Aïata en mission à Tahiti

Soeur Aïata Martin dans son premier secteur à Tahiti.

Quant à sa soeur Aïata, elle sert actuellement en mission dans son deuxième secteur à Hao, un atoll situé dans l’archipel des Tuamotu. Elle a auparavant servi dans le secteur de Punaauia, dans la paroisse de Punaruu. Elle partage dans ses emails hebdomadaires l’amour qu’elle a pour le peuple tahitien et tout particulièrement les enfants. Elle dit de sa mission que «mon rôle est réellement de prouver à chaque personne ici que le Christ vit, et c’est mon témoignage. Je ressens l’amour du Christ tellement fort durant ma mission. Je suis si heureuse d’être ici, et d’être missionnaire, rien que pour ça : ressentir son amour. Et je sais que je ne ressens qu’une toute toute petite parcelle de son grand et infini amour.» Elle dit du peuple tahitien qu’il est «unique» et qu’elle les aime profondément.

Bien que séparées de nouveau pendant 18 mois (durée de la mission pour les sœurs missionnaires), les sœurs Martin restent très unies. «Nous nous soutenons autant que possible, par email !», dit Aloha. «Les lettres qu’Aïata nous envoient sont vraiment une bénédiction dans ma vie, elles me soutiennent, me fortifient, me rappellent l’essentiel, m’humilient. Je la trouve extraordinaire, et elle le sait.» 

 

Une expérience inoubliable

soeurs missionnaires - mission de Tahiti

Aloha et une de ses collègues missionnaires.

Une mission est une expérience unique dans la vie d’une jeune femme. De sa mission, Aloha retient surtout l’accroissement de sa foi en Dieu. «J’ai appris à faire confiance en Dieu dans toute les situations, et de croire qu’avec lui, tout est possible, tant que c’est sa volonté», dit-elle. Elle a également appris des leçons qu’elle continue à mettre en pratique depuis son retour en mission «j’ai appris à rechercher la volonté du Seigneur avant la mienne, j’ai appris à être plus organisé, j’ai appris à quel point j’aimais le Seigneur et qu’il m’aimait, j’ai appris que je le voulais à mes côtés pour l’éternité.»

Aïata, de son côté, remplit ses emails d’expériences édifiantes et de témoignages de son amour pour notre Père Céleste et pour son fils Jésus-Christ. Ses messages sont empreints de joie et de son désir ardent de servir le Seigneur et de servir son peuple : «Je veux être un bon instrument entre les mains de Dieu, voilà mon inspiration. Et je sais que je suis une fille de Dieu. Avant toute chose, je suis une fille de Dieu, et je dois agir de la sorte. Je veux déposer ma vie entre les grandes mains de Dieu, c’est là qu’elle sera en sécurité.»

soeurs missionnaires - mission de Tahiti

Sœur Aïata Martin et une de ses collègues missionnaires.

Un des moments forts de la mission d’Aïata, jusqu’à maintenant, est la découverte de l’intérieur du temple de Tahiti, où ses parents ont été scellés il y a plusieurs dizaines d’années alors qu’ils étaient de jeunes convertis mormons. Ce fut un moment très spécial pour elle. En arpentant les couloirs du temple elle pensait à ses parents qui avaient marché à ces mêmes endroits alors qu’ils étaient jeunes mariés.

Toutes deux ont vu beaucoup de miracles dans leur mission et toutes ces expérience vécues sur le sol polynésien restera à jamais gravées dans leur cœur. Le peuple tahitien est désormais, encore plus qu’avant, LEUR famille et les liens qui les unissent en tant que sœurs sont aujourd’hui encore plus forts.

 

Article écrit par Eva

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